La propolis, un bienfait des abeilles

La propolis, matériau recueilli par les abeilles à partir de certains végétaux était déjà utilisée en Égypte, pour les embaumements et était également connue des Grecs anciens puisque Aristote la présentait, dans son Histoire des animaux, comme un « remède aux affections de la peau, plaies et suppurations ». Elle est récoltée dans les ruches pour ses nombreuses propriétés thérapeutiques dont l’essentielle est de lutter contre les infections.

Un super matériau de construction

La propolis est un complexe fabriqué par les abeilles à partir de leurs sécrétions et d’une série de substances résineuses, gommeuses et balsamiques. De consistance visqueuse, elle est recueillie par les abeilles sur certaines parties de végétaux. Les principales essences produisant de la propolis sont des conifères (écorce des pins, sapins, épicéas) et les bourgeons de plusieurs espèces d’aulnes, de saules, de bouleaux, de prunier, de frênes, de chênes et d’ormes, de peupliers (qui semblent être la source la plus importante) et du marronnier d’Inde.

L’ouvrière transporte cette résine dans les corbeilles de ses pattes arrières (de la même façon que le pollen). Ces pelotes sont d’une couleur allant du jaune-clair au vert-brun. Cette résine végétale est utilisée par les abeilles comme mortier et anti-infectieux pour assainir la ruche. Dans la ruche, la propolis a de multiples usages. C’est un mortier qui sert au colmatage des fissures ou interstices, à l’étanchéité (face à l’humidité et au développement des moisissures), au renforcement de rayons ou parties défectueuses de la ruche et à la protection de la colonie par la réduction de l’entrée de la ruche. Ce passage constitue par la même occasion une sorte de chambre de stérilisation à l’entrée de la ruche, d’où le nom propolis qui signifie, en grec ancien, « devant » (pro) la « cité » (polis).

C’est également un vernis aseptisant déposé en fine couche à l’intérieur des cellules avant la ponte de la reine, ou pour lisser les parois intérieures de la ruche. Elle sert aussi à momifier les animaux intrus et morts (rats et souris par exemple) trop gros pour être évacués par les abeilles évitant ainsi leur décomposition.

Un concentré de propriétés thérapeutiques

Il existe différentes variétés de propolis et la composition de la propolis est extrêmement variable et complexe. Plus de 300 composants différents ont été identifiés comme des acides organiques, de très nombreux flavonoïdes, des oligo-éléments, de nombreuses vitamines. La propolis la plus puissante est celle qui est récoltée librement par le peuple des abeilles dans une ruche non traitée et dans un environnement préservé.

Un remède anti-infectieux

En raison des résines végétales qu’elle renferme, la propolis est depuis longtemps considérée dans la médecine traditionnelle comme un remède utile pour combattre les infections de toutes sortes, tant par voie interne que par voie externe. En usage interne, la propolis serait utilisée sous forme de teinture-mère ou sous forme d’extrait sec en oto-rhino-laryngologie contre les extinctions de voix, les enrouements, les angines, les maux de gorge, la toux, les rhumes, les bronchites, les pharyngites, les otites et les sinusites. Sous cette même forme, on l’emploierait en stomatologie (stomatite, gingivites et infections dentaires).
Enfin, en usage externe, on l’emploie en dermatologie pour assainir et cicatriser les plaies, les mycoses et autres problèmes cutanés. On attribue généralement ses propriétés thérapeutiques (antiseptiques, antibactériennes et antioxydantes) à sa teneur en flavonoïdes (qui peut cependant varier beaucoup d’un produit à l’autre), notamment en pinocembrine, en galangine et en pinobanksine.

LES ABEILLES ET L’ENVIRONNEMENT

Les abeilles fabuleuses actrices de la biodiversité et indispensables à l’agriculture sont menacées de disparition. Elles sont responsables de la pollinisation de plus de 80 % des plantes à fleurs et sans abeilles nous perdons de fait la capacité à nous nourrir, puisque sans pollinisation pas de fruits ! Les trois quarts des végétaux qui nourrissent l’humanité en dépendent… Pour reprendre la célèbre phrase d’Einstein, « sans abeille, l’humanité ne tiendrait pas plus de 4 ans ». Les études scientifiques disponibles à ce jour mettent en évidence différentes causes à cet affaiblissement : les maladies des abeilles, les pesticides, les conditions environnementales, les produits phytosanitaires agricoles et les cultures OGM, les parasites, les champignons, les autres insectes prédateurs, les transformations environnementales et climatiques (destructions des haies, talus et bosquets sites de nidification pour les espèces sauvages, réduction de la biodiversité florale, raréfaction des fleurs des champs et des cultures de légumineuses : trèfle, luzerne…), entretien intensif des bords de route, enfin exploitation excessive des ruches et la pollution électromagnétique qui serait aussi suspectée. La conjugaison de ces différentes causes serait à l’origine de ce phénomène de disparition massive des colonies d’abeilles.
Sur la base du rapport de Martial Saddier, un plan abeilles comportant notamment la création d’un institut technique apicole et d’une interprofession apicole est en cours de mise en œuvre et un « Monsieur Abeille », Jean-Pierre Comparot, chargé de la coordination de l’administration sur ce sujet a été nommé.
VOUS POUVEZ : évitez de traiter votre jardin avec des produits toxiques, créez des espaces de prairies, plantez des haies, favorisez la biodiversité.

Josette Prim