L’influence de l’hiver sur les rhumatismes

C’est une évidence, le climat influe sur toutes les activités humaines. Mais qu’en est-il au niveau de notre santé ? Un exemple concret avec les répercussions du froid sur les rhumatismes.

Pas de climat idéal

La météo a-t-elle une influence sur notre santé ? Selon les adages populaires, la réponse ne fait pas de doute. Rhumatismes ou migraines sont par exemple traditionnellement associés aux conditions climatiques.

Naturellement, climat et santé sont liés. Les sensations de chaleur ou de froid sur la peau, l’exposition aux rayonnements du soleil (les ultraviolets notamment) ou encore la qualité de l’air sont autant d’éléments évidents : il ne fait donc guère de doute que les conditions climatiques sont à prendre en compte. Une étude récente a par exemple démontré que le nombre de consultations augmentait dans un hôpital parisien avec les fortes chaleurs, les pics de pollution, de pollen, du vent ou l’humidité (les personnes les plus à risque étant les personnes âgées et malades). Mais s’il est indéniable que le climat influence la santé, il n’est pas possible d’en tirer des généralités.

En effet, sans évoquer les « épreuves saisonnières » exceptionnelles (comme la canicule de l’été 2003), chacun d’entre nous réagit de manière différente à tel ou tel climat : il n’existe pas un climat idéal pour l’ensemble de la population car tout le monde n’a pas les mêmes besoins. Notre organisme est en effet équipé de récepteurs de la pression atmosphérique ainsi que de la température qui nous sensibilisent plus ou moins à la perception de la douleur : les variations de température ou de pression vont donc naturellement influer sur nos sensations douloureuses. Et cela n’est pas négatif : en effet, un climat qui ne change pas affaiblit nos défenses naturelles et nos capacités d’adaptation à l’environnement.

La biométéorologie

Et pour répondre d’une façon plus scientifique à la question de l’influence du climat sur notre santé, la biométéorologie a vu le jour il y a quelques années : cette science est chargée d’étudier l’influence du climat sur les êtres vivants, en particulier sur les humains, dans le but de prévenir plus facilement des risques de maladies (en améliorant notamment les systèmes de surveillance et d’alerte de risques sanitaires).

Météo-France a ainsi mis en place une commission Santé-Biométéorologie chargée d’étudier notamment l’influence des conditions atmosphériques sur les pathologies respiratoires, cardio-vasculaires et neuro-psychiatriques ou encore les effets sur la santé de conditions climatiques particulières (climats marin, insulaire, lacustre, de montagne) et donc d’une manière plus générale les relations entre santé et climat.

Et en raison du réchauffement climatique, de la pollution et du nombre croissant de personnes allergiques, la biométéorologie est appelée à continuer de croître à l’avenir.

L’exemple des rhumatismes

Concrètement, en prenant l’exemple des rhumatismes, les atmosphères humides sont habituellement mises en cause dans leur survenue, ce qui est une erreur : le climat n’est pas déclencheur de douleurs articulaires. Par contre il est vrai que certaines personnes seront soulagées par le froid tandis que d’autres le seront par le chaud. De même, les changements brusques de températures et d’humidité font souvent ressortir les douleurs mais ils se traduisent aussi parfois par des améliorations : les symptômes, les formes de rhumatismes sont finalement trop différents pour établir des généralités. En effet, en France, ce ne sont pas moins de 15 millions de personnes qui souffrent de cette pathologie aux formes très diverses.
Les rhumatismes sont en fait toutes les maladies qui concernent l’appareil locomoteur de notre organisme (les os, les articulations, les muscles et les tendons) ce qui explique la diversité des formes : notre corps comprend plus de 200 os et une centaine d’articulations.

Les différents types

Le terme de rhumatismes rassemble trois types d’atteintes des os ou articulations :
– les rhumatismes inflammatoires qui regroupent la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante notamment ;
– les rhumatismes « d’usure » comme l’arthrose (rhumatisme qui atteint le cartilage, c’est-à-dire la substance lisse qui recouvre l’extrémité de nos articulations) ;
– les maladies de l’os comme par exemple l’ostéoporose.

On sait également que les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant ces pathologies. Ainsi les femmes sont deux fois plus souvent atteintes par l’arthrose que les hommes après l’âge de 50 ans (la répartition est équivalente avant cet âge). Cela s’explique notamment par l’absence d’œstrogènes qui accélère la destruction de l’os. Autre exemple, la polyarthrite rhumatoïde qui touche quatre fois plus de femmes que d’hommes.

Pensez également à la phytothérapie car les plantes sont une alternative intéressante aux traitements anti-inflammatoires :
– Les racines d’harpagophytum aux propriétés analgésiques et anti-inflammatoires : à consommer sous forme de gélules ;
– Mais aussi les feuilles de cassis, les sommités fleuries de la reine-des-prés ou encore le saule.

L’arthrose

Alors à défaut de maîtriser le climat et bien qu’il n’existe pas encore de traitement curatif, on peut cependant prévenir et traiter les douleurs et handicaps liés aux rhumatismes.

Pour prévenir l’arthrose par exemple, même s’il n’est pas possible d’éviter le vieillissement des os, on peut retarder son apparition par la pratique régulière d’exercices physiques simples qui permettent de protéger les articulations. De plus, il est indispensable de conserver un poids raisonnable en luttant contre les excès de poids qui aggravent l’arthrose des articulations portantes (les hanches, les genoux). Et pour tous les types de rhumatismes, surveillez votre alimentation : fruits, légumes et produits lactés en quantité.

La pratique sportive

Et plus généralement, la pratique régulière d’une activité sportive régulière permet de prévenir les rhumatismes. Le sport permet en effet d’entretenir la souplesse des articulations et d’éviter la fonte des muscles sans pour autant trop solliciter les articulations : privilégiez donc la natation, la marche à pied, le cyclisme notamment (évitez les sports de contact ou de sauts qui sont déconseillés en pratique intensive).

Le sport est d’autant plus bénéfique qu’il fait également du bien à la tête. Car en cas de rhumatismes, malgré les douleurs et les difficultés, il est important de ne pas se replier sur soi-même et de poursuivre ses activités, sortir, voir du monde. Des efforts et du courage qui doivent également être de mise dans l’entourage des malades, afin de mieux comprendre la maladie et d’apporter un précieux soutien moral.

Et bien sûr votre pharmacien est à votre écoute et prêt à vous accompagner pour faire de la maladie non pas une pathologie de résignation mais bien une démarche d’implication, permettant de continuer à vivre le mieux possible. Il est formé pour soutenir et conseiller, en somme pour aider à vivre avec son temps !

Philippe Wolff