Audition : un handicap difficile à faire entendre

Chacun connaît autour de soi une grand-mère un peu « dure d’oreille », souvent source de gentilles plaisanteries. Or ce problème est un véritable handicap qui touche 17 % de la population mondiale et apparaît aujourd’hui chez une population jeune, conséquences d’une surconsommation de décibels.
Peu de contrôle médical pour des dépistages précoces, peu de prise en charge de prothèses même parmi les populations très suivies médicalement laissent 7 % de la population française en difficulté auditive.

La surdité : un handicap à vie

Il existe différents degrés de surdité que l’on peut évaluer avec des tests sachant qu’il subsiste toujours quelques restes auditifs et que tout atteinte de l’audition peut s’aggraver au fur et à mesure du temps.

On trouve deux types de surdité :
La surdité de transmission (perte des sons graves) touche le conduit auditif, le tympan et les osselets, n’est jamais totale et peut être récupérée en partie grâce à des médicaments, en cas d’otite ou d’une opération chirurgicale. On ne perçoit plus les sons graves mais on peut encore comprendre encore les paroles.

La surdité de perception est la plus fréquente et touche l’oreille interne (la cochlée et le nerf auditif). Elle ne peut pas être soignée par voie médicale mais elle est efficacement corrigée avec des appareils auditifs. Elle est causée par des expositions à des bruits très forts (ex : discothèques), des prises de médicaments toxiques (certains anti-cancéreux, l’interféron, certains antibiotiques dont les Aminosides comme la gentamicine), une fracture du crâne.
Les sons aigus ne sont plus perçus, rendant la compréhension de la parole difficile.

Un bouchon de cérumen

Dans la mythologie grecque, pour échapper aux chants des sirènes, Ulysse se mettait des boules de cire dans les oreilles. C’est le même phénomène que provoque le cérumen, cette sorte de cire de couleur jaune sécrétée par des glandes pour protéger l’oreille de la poussière, des corps étrangers et des infections. Il lubrifie également le tympan qui garde ainsi sa souplesse et son élasticité pour assurer sa fonction de transmission du son.
C’est son épaississement et son accumulation dans le conduit auditif qui finit par former un bouchon aidé par l’utilisation des coton tiges (à proscrire absolument).

Ce bouchon peut causer une surdité partielle ou totale, des vertiges et des bourdonnements. On peut le ramollir avec des gouttes, puis faire des lavages de l’oreille avec une poire auriculaire et de l’eau tiède. Dans ce cas, mettre les gouttes avant le coucher, se positionner sur le côté, laisser agir 2 minutes, mettre ensuite un petit tampon de ouate. Le bouchon devrait se défaire tout seul, sinon consulter votre médecin spécialiste ORL qui le fera sortir avec un appareil adapté (totalement indolore).

L’oreille, comment ça marche ?

L’oreille interne collecte les ondes sonores avec le tympan vibrant comme le tambour. L’oreille moyenne est la cavité remplie d’air fermée par une fenêtre ovale où 3 osselets (le marteau, l’enclume et l’étrier) transmettent les vibrations du tympan à cette fenêtre.
L’oreille interne remplie de liquide transmet ces vibrations aux cellules ciliées du limaçon. Celles-ci les transforment en influx nerveux le long du nerf auditif jusqu’au cerveau qui analyse.

Du « Cornet » à la prothèse numérique

Depuis 1873, où les mal-entendants portaient à leur oreille des cornets acoustiques, les appareils améliorant l’audition ont beaucoup évolué.
Il existe plusieurs sortes d’aides auditives fournies par les audioprothésistes, après votre passage obligé chez un médecin ORL qui vous aura fait passer tous les tests (otoscopie : examen du tympan et du conduit et l’audiométrie pour le degré du déficit) et vous aura prescrit une prothèse :

– Les contours d’oreilles qui sont visibles, fiables, les plus courants et destinés aux surdités légères et profondes.
– Les prothèses intra-auriculaires (intra-conduit ou intra-conque) très discrètes car miniaturisées et numériques, sont aussi performantes que les contours d’oreille et se logent dans le creux de l’oreille.
– Les lunettes auditives qui se présente comme une branche de lunette. Les sons captés sont restitués sous forme de vibration au vibrateur en bout de branche en contact avec le mastoïde (os du crâne).

Il faut savoir que si le dépistage et la prévention au niveau oculaire est bien suivi, la moitié des personnes de plus de 70 ans ne sont pas contrôlées auditivement. Enfin, ces prothèses sont assez onéreuses et prises que partiellement en charge par la Sécurité Sociale. Toutes ses raisons font que nous sommes, Français les moins bien équipés en prothèses auditives de toute l’Europe. A bon entendeur, salut !

Josette Prim